Les eVTOL (Electric Vertical Take-Off and Landing) représentent l'une des révolutions les plus importantes de l'aviation depuis l'invention de l'hélicoptère. Avec des acteurs comme Joby Aviation, Lilium ou Volocopter, le marché attire des milliards d'investissements.
Un risque inédit pour les assureurs
Ces appareils combinent les risques de l'aviation légère avec ceux de la mobilité urbaine. Les assureurs font face à plusieurs défis majeurs :
Absence de données actuarielles : sans historique de sinistres, impossible d'établir des tarifs précis. Les assureurs utilisent des modèles de simulation et s'appuient sur les données de l'automobile autonome.
Complexité technique : batteries haute tension, systèmes de propulsion distribuée, autonomie partielle... chaque composant représente un mode de défaillance potentiel.
Enjeux de responsabilité : en cas d'accident avec un eVTOL semi-autonome, qui est responsable ? Le fabricant, l'opérateur, le passager ?
Les premiers contrats d'assurance
- Munich Re a signé des accords avec plusieurs fabricants pour des phases de test
- Allianz développe des couvertures spécifiques pour les opérateurs UATM (Urban Air Traffic Management)
- AXA XL travaille sur des modèles paramétriques basés sur les données de vol en temps réel
Quel impact pour le marché français ?
La DGAC a accordé ses premières autorisations expérimentales en 2025. Paris teste des corridors aériens urbains depuis l'aéroport de Pontoise. Les JO 2024 ont servi de laboratoire grandeur nature.
D'ici 2028, le marché français des eVTOL pourrait représenter 200 à 500 appareils, générant un volume de primes estimé entre 50 et 150 millions d'euros.
Source originale :
Aviation Week